Looking for Gaza (oratorio électro)

A la croisée du carnet de voyage et du concert électro, Looking for Gaza (oratorio électro) relate les tribulations incertaines d’un auteur en route vers cette enclave palestinienne sur la musique de Sc MoCha et CheckPoint 303.

Témoignage de la situation palestinienne, ce spectacle vient d’une impérieuse nécessité d’aller là où se fait le monde contemporain.

                                                                             

Avant-propos

Après l’Asie avec Taklamakan, le désert d’où l’on ne revient jamais Editions Lansman, Prix de l’Inédit théâtre, après l’Afrique avec Chroniques nomades d’un ratage, Gérald Dumont propose un nouveau voyage, le Moyen-Orient, plus précisément la Palestine et Gaza.
Témoignage, carnet de voyage, tribulations incertaines, rencontres, mais aussi imaginaires sont les composants de ce spectacle qui s’appuie sur les compositions de Sc MoCha, membre du collectif musical CheckPoint 303 (Tunisie, Palestine, France) et le travail de plasticiens palestiniens.
Par le regard de Gérald Dumont, c’est une autre façon d’aborder les enjeux politiques de cette région, de s’en emparer, et peut-être de s’interroger sur l’activisme.
C’est aussi l’histoire d’un spectacle, un voyage dans le processus de création , qui montre que tout acte artistique est difficile, laborieux, et qu’il vient de loin. On ne va pas par hasard en Palestine.
C’est donc à l’intimité de l’auteur à laquelle on accède, où le spectateur est à la fois confident, témoin, en proximité avec l’artiste, mais aussi spectateur d’un spectacle ou le chaos musical et des vidéos proposent une autre vision du spectacle solo.

Extrait

5 ans plus tard, je suis à Jérusalem. Barack Obama y est aussi, à l’hôtel King David, à une centaine de mètres du consulat de France où je viens depuis 3 jours, en attente d’une réponse des autorités israéliennes pour rentrer à Gaza. L’hôtel King David est majestueux, dominant de son imposante façade la veille ville. Deux jours avant, j’y avais pris un café sur sa terrasse avec une sioniste flamande qui y venait tous les matins pour écrire le mot « Shalom » dans toutes les langues du monde, et qui fabriquait des fleurs de la paix en papier crépon qu’elle distribuait ensuite aux enfants de Jérusalem. C’était son activisme pacifiste. Pour la petite histoire, l’hôtel King David fut dynamité en 1946 par des terroristes sionistes en lutte contre l’occupant anglais. L’action qui fit 91 morts fut coordonnée par Menahhem Beguin qui devint ensuite premier ministre Israélien, et donc, par la même, passa du statut de terroriste à celui de résistant.

Donc, en attendant, j’attendais… J’étais dans la ville 3 fois saintes, à espérer une réponse qui n’arrivait pas. Je passais du quartier chrétien au quartier arménien, puis du quartier juif, puis au quartier arabe, pour revenir au quartier chrétien, puis l’arabe, puis juif, et arménien, et ainsi de suite, en me faisant cette réflexion que « Dieu est un agent immobilier qui a foutu une belle merde » et me posant la question « qu’est ce que j’ai fais pour en être là ? ». Le gouvernement israélien est susceptible. J’avais peut-être dit, ou écrit, ou fait quelque chose frisant l’antisémitisme ? J’avais peut-être blessé son amour propre en toisant sa propension à la paranoïa ?
Je m’appelle Dumont.
J’ai confirmé en arrivant à Tel Aviv que mon père s’appelle Pierre, mon grand-père Maxime. Aucune filiation moyen orientale, pas un ancêtre arabe, rien qui ne puisse a priori inquiéter le sioniste de base. Je n’ai rien d’un Jihadiste. Avant mon départ, j’avais effacé du web tout signe évident d’activisme. A l’aéroport Ben Gourion, j’avais caché les vraies raisons de ma visite en devenant pèlerin lambda venu me recueillir sur les lieux saints. J’étais donc irréprochable.

Trois jours durant, j’avais arpenté Jérusalem, temps largement suffisant pour boire des litres de jus de fruit frais et conchier les 3 monothéismes, attendant cette autorisation qui n’arrivera que 3 semaines plus tard alors que j’étais à Naples en ce terme laconique : COORDINATION FN-130 441 : GERALD DUMONT : DECLINED.
Je partais à Naplouse.

Distribution

Conception, écriture et interprétation : Gérald Dumont
Mise en scène : Nathalie Grenat
Création sonore : Sc Mocha, Collectif Checkpoint 303
Musique : Frédéric Baudimant
Régie Générale et lumière : Richard Couton
Photos et animations : Julien Jaulin

Un projet de la compagnie Théâtre K. Coproduction et du Centre culturel Ronny Coutteure à Grenay.
Avec les soutiens du Conseil Régional Hauts de France, de l’Institut Français, de la DRAC Nord-Pas-de-Calais – Picardie, du Conseil Général du Nord et du Conseil Général du Pas-de-Calais, de l’Institut du monde arabe en Nord-Pas-de-Calais, du Fond Roberto Cimetta.
Remerciements : Ville de Villeneuve d’Ascq avec la Ferme d’en haut, la Médiathèque Till l’Espiègle, la Ferme Dupire et les Makinistes Associés.


logoenconxtructionpresseteaser

dossier artisqtique